samedi 9 mars 2024

Sur le vin sans alcool

Compter sur ses propres forces est un principe de base souligné par les stratèges comme Clausewitz ou Sun Tzu.

Encore faut-il les connaître, ses forces : « Ceux qui sont véritablement habiles dans l’art martial (...) connaissent leurs propres forces ». (Sun Tzu, L’Art de la guerre, art. X)




Le monde du vin méconnaît ses forces et préfère courir à la recherche des « forces » des autres boissons : faux storytelling des bières, packaging des processed foods no-low, mixologie et craft bartending (oui, le monde du vin aime le frenglish).

Quelles sont les forces du vin ? Ça fait vingt ans que je m’amuse (oui, ça m’amuse encore ; ici même ainsi que dans les pages des 5 du Vin) à le répéter : sa culture, son histoire, ses histoires, ses anecdotes. Le succès des cépages modestes, perdus, retrouvés (depuis dix ans) ; le décollage des vignobles d’Île-de-France et de Bretagne (aujourd’hui, sous vos yeux ébahis) sont quelques-uns des exemples de ce poids massif de l’œnoculturel.

Plutôt que d'ajouter de la culture au vin, on lui enlève des degrés.

 

Autre point. Lorsque j’étais (un peu plus) jeune, à Marseille, dans les années soixante-dix, je buvais du jus de raisin devant des petits kiosques qui portaient le nom de stations uvales (du latin uva, le raisin). Il y avait aussi (il y a beaucoup plus longtemps) une station uvale à Fontainebleau : on y buvait du jus de chasselas.

 

Eh ben, ce jus de raisin, je parie qu’il s’agissait en fait de vin sans alcool !