Le centre de Paris. Place de la Concorde. Peu de célébrations du vin sur cet espace minéral, pensais-je. Une robuste dame de pierre symbolisant Bordeaux réalisée en 1836 par Louis-Denis Caillouette et abondant en feuilles de vignes et grappes de raisin ; une allégorie de la vendange sur la fontaine des Fleuves. C’est tout.
Mais le directeur des Antiquité égyptiennes du musée du Louvre me désigne l’obélisque de vingt-trois mètres du haut duquel trente-trois siècles nous contemplent.
L’obélisque, offert par le vice-roi d’Égypte à la France, et venu de Louxor, a été installé le 25 octobre 1836, en pleines vendanges.
Son rôle de cadran solaire, pensé dès 1913 par l’astronome Camille Flammarion, a été réalisé et inauguré récemment, le 21 juin 1999, jour du solstice d’été. Un rôle de cadran solaire parfaitement en phase avec le dédicataire de l’obélisque et du temple auquel il appartenait : le dieu solaire Ammon Râ.
L’offrande du vin au soleil
Au sommet de chacune des trois faces de l’obélisque tournées vers la Madeleine, les Tuileries, les Champs-Élysées, sous la pointe d’or du pyramidion, on voit le pharaon Ramsès II agenouillé devant Ammon Râ et lui faisant offrande.
Quelle est son offrande ? Deux vases de vin. En échange de quoi le dieu Soleil lui dit : « Je te donne la santé parfaite. Je te donne la vie, la stabilité et le bonheur parfaits ».
Du côté de l’Assemblée nationale, certainement une prémonition de la loi Evin, c’est une offrande d’eau qui est décrite. Cette face, à Louxor, regardait en effet le Nil. Aujourd’hui, hasard de l’installation de l’obélisque en 1936, elle regarde la Seine.
Avec l’obélisque de la Concorde, la leçon plurimillénaire du vin, boisson divine offerte au soleil, est au cœur de Paris.
Texte extrait de Promenades dans le Paris de la vigne et du vin (André Deyrieux, à paraître).



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