On a entendu ce week-end à La Dive Bouteille, le salon professionnel des vins naturels, un peu de vacarme autour des propos de Sylvie Augereau, organisatrice de l'événement qui fêtait sa 24e édition. Par exemple : « il y a des intrants qu’on préfère à certains intrus ! » ; « un gramme de sulfites n’a jamais tué personne » ; « j’en ai marre de jeter les vins de mes amis dans l’évier ».
Où se placer entre dogme, goût et égout ?
Ne faisons pas abstraction de notre sublime inconscient. Virgile dans l’Énéide raconte :
« De son côté, le roi, tourmenté par ces prodiges, va consulter les oracles de Faunus, son père le devin, et interroger le bois sacré, au pied de la haute Albunée, la grande forêt qui retentit de sa source sainte et, dans une ombre épaisse, exhale de sauvages vapeurs méphitiques. »
Le philosophe Edmund Burke (Recherche philosophique sur l’origine de nos idées du sublime et du beau) commente : « N’est-il pas sublime ce passage de Virgile où la vapeur empestée de la fontaine d’Albunée conspire si heureusement avec la lugubre obscurité et l’horreur sacrée de la prophétique forêt ? »
« De sauvages vapeurs méphitiques ». Ah, à propos, le mot méphitique renvoie au Méphitis, une source d’eau sulfureuse.
Texte original (Énéide, VII, 81-84)
« At rex solicitas, monstris oracula fauni
Fatidici genitoris adit, lucosque sub alta
Consulit Albunea, nemorum quæ maxima sacra
Fonte sonat ; sœvamque exhalat opaca Mephitim. »

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