vendredi 13 janvier 2023

Vins sans alcool et Louvre sans patrimoine

 

Notre époque s'ingénie à vider la réalité de son sens, de son histoire, de sa culture par les désignations qu'elle en fait, les mots qu'elle emploie. Les lardons deviennent végétaux, les vins sans alcool. Mille exemples viennent à l'esprit.

Je découvre (à l'usage) qu'au Louvre même, monument patrimonial à double titre, celui de résidence royale ou impériale et celui de musée, la dépatrimonialisation a frappé. Le plan distribué depuis 2016 à ses près de huit millions de visiteurs annuels, ne mentionne plus les noms historiques de ses salles, de ses pavillons, de ses cours, de ses escaliers.
Les seuls noms des ailes Richelieu, Denon (avec la galerie d'Apollon), Sully, avec le pavillon de l'Horloge y figurent.
Exit la salle Médicis (devenue salle 800), la cour Puget, la salle de Diane (347), le Manège (405), la salle des États (711), la salle des Caryatides (348), etc.

J'appelle un conservateur de collection qui s'amuse à me répondre : "Ah, vous êtes avec Lady Alston ? Dans la Galerie du bord de l'eau, donc. Je suis à côté, avec Saint-Jérôme. Rejoignez-moi salle des Sept-Mètres".
Je vous laisse, je vais être en retard.

L'escalier de la salle du Manège, cour Lefuel.


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