mardi 30 mai 2023

Ne pas s’enivrer en montant la garde

Nous sommes au début de la guerre entre les armées d’Énée et celles de Turnus. C’est le livre IX de L’Énéide (poème écrit entre 29 et 19 av. J.-C.). 


Les opérations commencent par le siège du camp d’Énée. Schéma classique : les assiégeants font le tour des remparts, placent des troupes devant chaque porte, organisent les tours de garde puis « allongés dans l’herbe, s’abandonnent au vin en vidant les cratères de bronze. »




Les cratères étaient de grands vases qui servaient à mélanger le vin et l’eau, pratique de consommation usuelle de l’époque. On connaît en France un magnifique cratère de
 bronze, un objet d’apparat à vrai dire, le vase de Vix (vers 520 av. J.-C.) qui faisait plus de 1,60 m de haut pour plus de 200 kg.


Le spectacle de ces troupes « engourdies de sommeil et de vin » n’échappe pas aux assiégés. Deux d’entre eux fomentent une sortie par une porte où le feu des assiégeants s’est éteint. Effectivement, ils font un carnage ; l’une des victimes (attention, lecteur) rend une âme pourpre et vomit un mélange de sang et de vin - « Purpuream vomit ille animam et cum sanguine mixta / vina refert moriens ».


L’Histoire fourmille bien sûr d’exemples d’ivresses mal placées, ou à contre-temps.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire