Nous sommes au début de la guerre entre les armées d’Énée et celles de Turnus. C’est le livre IX de L’Énéide (poème écrit entre 29 et 19 av. J.-C.).
Les opérations commencent par le siège du camp d’Énée. Schéma classique : les assiégeants font le tour des remparts, placent des troupes devant chaque porte, organisent les tours de garde puis « allongés dans l’herbe, s’abandonnent au vin en vidant les cratères de bronze. »
Le spectacle de ces troupes « engourdies de sommeil et de vin » n’échappe pas aux assiégés. Deux d’entre eux fomentent une sortie par une porte où le feu des assiégeants s’est éteint. Effectivement, ils font un carnage ; l’une des victimes (attention, lecteur) rend une âme pourpre et vomit un mélange de sang et de vin - « Purpuream vomit ille animam et cum sanguine mixta / vina refert moriens ».
L’Histoire fourmille bien sûr d’exemples d’ivresses mal placées, ou à contre-temps.

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